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Bilan et enjeux : Jean Jeef Mwanza dévoile " pourquoi aimer " Fatshi

Une déclaration politique au ton d’un coming out d’une position politique assumée ! Voilà en un mot comme en mille la tribune signée par Jean Jeef Mwanza, citoyen engagé et expert en communication, à l’endroit du Président Félix Tshisekedi.

En ce temps où les enjeux poussent certains frustrés politiques à adhérer à l’axe AFC/M23 en clair ou en off, l’homme a choisit avec choix son mot pour fixer les esprits tant sur sa position que sur les raisons d’aimer l’actuel Chef de l’État.

Parcourez dans les lignes qui suivent sa tribune.

POURQUOI J’AIME FATSHI !

1. Gratuité de l’enseignement primaire : des millions d’enfants scolarisés, un tournant historique qui redonne à l’éducation sa place de socle de la Nation.

2. Dignité retrouvée du peuple congolais : sous Fatshi, le Congolais relève la tête. Le Congo ne s’excuse plus d’exister, il s’affirme, se fait respecter et défend sa souveraineté sans complexe.

3. Détermination à mettre fin à la guerre à l’Est : malgré un conflit hérité de décennies, Fatshi affiche une volonté claire de rétablir la paix, de protéger les populations et de restaurer l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire nationale.

4. Dénonciation courageuse de l’agression rwandaise : pour la première fois, la politique du Rwanda dans l’Est de la RDC est exposée sans ambiguïté sur toutes les tribunes internationales, mettant à nu les réseaux de prédation et les soutiens cachés.

5. Ouverture diplomatique offensive : le Congo est redevenu audible et visible sur la scène internationale, non plus en victime silencieuse, mais en acteur qui exige justice, solidarité et respect.

6. Infrastructures et services : routes, énergie, santé, numérique… les bases du développement se reconstruisent, progressivement et de manière concrète.

7. Discours d’espoir et de responsabilité : Fatshi porte une vision d’un Congo debout, fort, respecté et maître de son destin, appelant chaque Congolais à prendre sa part dans la refondation nationale.

Bref, Félix Tshisekedi a amorcé un tournant historique, le Congo d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier : il parle, il résiste et il avance.

 

Le pouvoir du peuple 

Bilan et enjeux : Jean Jeef Mwanza dévoile " pourquoi aimer " Fatshi
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La politique criminelle et la prophylaxie criminelle: comment lutter contre la corruption et le détournement en RDC ? ( Tribune)

Corruption en RDC sans réforme pénale et contrôle des dépenses, le combat restera un slogan.

La corruption et les détournements de deniers publics ne sont plus de simples infractions isolées en République démocratique du Congo. Ils forment aujourd’hui un système, profondément enraciné dans certaines pratiques institutionnelles, au point que le droit pénal actuel peine à en saisir la réalité.

Dans ces crimes, l’État est souvent la seule victime, tandis que le corrupteur et le corrompu se partagent le butin en silence. Tous deux sont satisfaits. Tous deux ont intérêt à ce que la vérité ne sorte jamais. 

Des hommes de paille aux montages financiers opaques, les bras sont devenus si longs que la signature du crime disparaît.

Pire encore, les criminels en col blanc finissent par perdre toute conscience du mal qu’ils causent.

 L’impunité devient une norme, et le détournement une banalité.

Face à cette réalité, il faut d’abord repenser nos instruments pénaux. Le droit doit rattraper l’ingéniosité criminelle. Mais cela ne suffira pas si l’État ne reprend pas le contrôle de ce qui constitue le nerf de la corruption : la chaîne de la dépense publique.

Chaque ligne budgétaire doit être suivie de l’engagement jusqu’au résultat final. Chaque acteur doit rendre compte. Sans obligation de résultat, le contrôle reste une illusion.

Sur le plan préventif, une politique sociale peut réduire certaines formes de corruption, même si les plus grands corrupteurs ne sont pas des pauvres. L’essentiel est ailleurs : réduire les opportunités criminelles.

Une task force regroupant la DCMP, l’ARMP, l’ANR, l’IGF, la Cour des comptes et d’autres organes de contrôle, placée sous l’autorité du conseiller spécial du Chef de l’État, pourrait assurer un suivi rigoureux, en amont et en aval, de tous les flux financiers publics.

Aimer son pays, ce n’est pas applaudir les discours.

C’est protéger ses ressources.

C’est aider le Chef de l’État à transformer la lutte contre la corruption en réalité tangible, et non en promesse récurrente.

 

Prof. Oscar Shamba 

Criminologue

La politique criminelle et la prophylaxie criminelle: comment lutter contre la corruption et le détournement en RDC ? ( Tribune)
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Tribune | Ituri : Thomas Lubanga, l’ombre persistante derrière l’insécurité

Par un observateur indépendant

Depuis la mise en place de l’état de siège, la province de l’Ituri a enregistré des avancées réelles sur le plan sécuritaire. Les actions menées par le Gouvernement militaire ont permis de réduire l’influence de plusieurs groupes armés, de sécuriser des axes stratégiques et de redonner un espoir progressif à des populations longtemps prises au piège de la violence. Ces progrès sont visibles sur le terrain et méritent d’être reconnus et consolidés.

C’est pourtant au moment où ces efforts commencent à produire des résultats que ressurgissent certains discours cherchant à brouiller les repères et à réécrire l’histoire. Le message récemment diffusé par Thomas Lubanga, aujourd’hui présenté comme leader de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), s’inscrit dans cette logique troublante.

En se posant en défenseur des populations et en donneur de leçons sur la paix et la gouvernance, l’intéressé omet un élément fondamental : son rôle central dans l’insécurité qui a endeuillé l’Ituri pendant de longues années. Les populations n’ont pas oublié les violences, les déplacements forcés et les traumatismes causés par les mouvements armés auxquels son nom reste étroitement associé. Se présenter aujourd’hui comme une alternative politique ou morale revient à inverser dangereusement les responsabilités.

Une question demeure alors incontournable : comment bâtir une paix durable tant que ceux qui ont contribué à la destruction du tissu social peuvent agir librement depuis l’étranger, multiplier les déclarations et tenter d’influencer l’opinion nationale ? La consolidation des acquis de l’état de siège passe aussi par un signal clair et fort contre l’impunité.

Dans ce contexte, il apparaît légitime que le Gouvernement congolais examine avec sérieux la question de l’extradition de Thomas Lubanga depuis la ville de Kampala, où il réside actuellement. Il ne s’agit ni de vengeance ni de provocation politique, mais d’une exigence de justice, de cohérence et de respect envers les victimes de l’Ituri. La paix ne peut être durable tant que certains acteurs majeurs de l’insécurité continuent d’échapper à toute responsabilité.

Cette tribune n’est pas un appel à la surenchère, mais à la cohérence. Les efforts consentis par le Gouvernement militaire et les forces de sécurité pour stabiliser l’Ituri doivent s’accompagner d’une volonté politique claire de neutraliser, juridiquement et politiquement, toutes les sources persistantes de déstabilisation, où qu’elles se trouvent.

L’Ituri aspire à tourner définitivement la page de la violence. Pour y parvenir, il faut non seulement poursuivre le travail de sécurisation sur le terrain, mais aussi avoir le courage politique de faire face au passé. La paix véritable ne se limite pas à l’absence des armes ; elle repose aussi sur la justice, la mémoire et la responsabilité.

 

Le pouvoir du peuple 

Tribune | Ituri : Thomas Lubanga, l’ombre persistante derrière l’insécurité
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Dilemme d’Etat ; Quoi dire de commun à Boma et à Goma ? (Tribune de la Professeure Madeleine Mbongo Mpasi)

Le gouvernement s’est plaint de sa propre communication, à la 74ème réunion du conseil des ministres du 9 janvier 2026 Cela a peut-être prêté à sourire, mais en réalité cela aurait pu générer un débat plus rehaussé, dépassant la dimension de simple discussion sur la valeur ou la qualité des comptes-rendus des réunions, de rapports des séances, des communiqués de presse, des tweets des attachés de presse, des briefings des dirigeants, etc. Nous réservons cette chronique à cette controverse passée presque sous silence.

1. Quelle curieuse inversion ! Le Premier ministre français Georges Clémenceau (1841-1929) a dit : « gouverner c’est paraître ». Le journaliste Emile de Girardin (1802-1881), éditeur de « La Presse » a dit : « gouverner c’est prévoir ». Les rôles sont ainsi permutés : l’acteur politique a préféré soigner la façade, le journaliste a tenu à calculer les horizons lointains.

L’opinion nationale a été invitée à ce genre d'anastrophe, à travers la 74e réunion du conseil des ministres du 9 janvier 2026. Elle a dévoilé l’existence dans l’Etat d’une « communication institutionnelle désordonnée ». La faute a été nommée : « improvisation » et « cacophonie ». Et le compte-rendu du conseil des ministres a été tout à fait formel : « cela doit cesser ».

En suivant les mesures de correction qui ont été proposées, l’on arrive plutôt à une lecture a contrario des deux penseurs que nous avons cités en liminaire. D’une part, le gouvernement s’est montré trop voyant. Et d’autre part, la communication du Pouvoir a été soit trop peu prévoyante.

Cependant, dans tous les deux cas, il se remarque que le diagnostic n’a pas été porté sur l’essentiel, le fameux récepteur. Celui-ci a été pris pour amorphe, nul, endormi. C’est une erreur.

En effet, depuis l’émergence dans les années 1930 de l’école de pensée dite de Columbia, les théoriciens en communication ont tous convenu de s’aligner sur la recette heuristique de Lee Thayer : « le récepteur est de facto co-créateur du message ». En pratique donc, il faut au préalable connaître le récepteur avant de se mettre à élaborer le message qui lui est destiné, ainsi que le griot porteur.

C’est là que se situe la base de l’édifice de la communication institutionnelle. Ne pas tenir compte de cette séquentialité peut conduire réellement à l’autisme, à n’entendre qu’un seul son de cloche, le sien propre.

2. Certes, comparaison n’est pas raison, mais un regard attentif sur la pratique actuelle aux Etats-Unis permet de situer les enjeux liés à la parole institutionnelle. Dirigeons nos projecteurs sur la porte-parole de Donald Trump, Karoline Leavitt et celle qui l’a précédée, Karine Jean-Pierre, qui a exercé à la fois sous Joe Biden et sous Kamala Harris.

Elles sont femmes, toutes les deux. Mais, en dépit de l’écart d’âge – 29 ans pour Karoline et 51 ans pour Karine à sa prise de fonction – toutes les deux partagent l’identité commune d’être des purs produits de leur époque, bien trempées dans leur culture existentielle.

D’une part, Karine Jean-Pierre n’a pu devenir porte-parole de Biden et de Harris que grâce au courant d’idées qui avait déferlé sur la société américaine depuis l’avènement en 2017 du premier Président noir, le démocrate Barack Obama. D’autre part, Karoline Leavitt représente à ce jour la lame idéelle des républicains de type non conformiste en droit international, dont Donald Trump est le fleuron.

En fait, la fille d’immigrés haïtiens noirs, Karine Jean-Pierre convenait à l’image d’une société si ouverte annoncée par l’arrivée au pouvoir aux Etats-Unis d’un fils d’immigré kenyan. Et, sans la moindre gêne, Karine Jean-Pierre n’a pas caché son homosexualité. La porte-parole de la Maison Blanche n’a d’ailleurs pas hésité de déclarer : « j’étais l’une des nombreuses personnes LGBT ».

De son côté, Karoline Leavitt représente auprès de Donald Trump le courant de pensée reconnue comme étant la « Génération Z », les « digital native » venus à partir de 1995 et de ce fait congénères d’Internet. C’est une cohorte de personnes pour lesquelles les nouveautés se présentent sans modes d’emploi. Il n’y a plus de limite à l’innovation. Même l’erreur joue un rôle heuristique dans le processus d’innovation. Cette perspective sans fin a été resituée par les communicologues dans le « paradigme d’hypertextualité ».

L’illustration de cette pensée iconoclaste est la volonté de Trump de conquérir Groenland, pourtant le territoire d’un Etat européen signataire du traité de l’Otan. Pour de vrai, la réalité est ailleurs. Effectivement, si les derniers sondages tendent à montrer une certaine hausse d’hostilité de l’opinion américaine face à l’affaire du Groenland, il existe aussi, selon la chaine de Tv Cbs, une sous-catégorie qui arrive se profile comme une sorte de majorité latente. Ce sont ceux qui souhaitent cette annexion « un peu » (52%). Ils ne s’expriment donc pas clairement, mais ils restent tout de même ouverts à toute éventualité.

Et c’est précisément cette zone grise d’indifférence qui encourage Donald Trump à aller plus en avant. Car, selon les jeunes de la « Génération Z », c’est le feed-back qui permet de se réorienter et de remotiver, sans s’effondrer devant la viralité ou la massivité des ripostes négatives.

3. De la même façon, dans notre pays, il est tout à fait illusoire de penser que les contenus communicationnels cognitifs et sensoriels des annonces faites par notre Gouvernement sont reçus de manière égale et indifférente à Boma et à Goma. Les raisons sont évidentes.

Néanmoins, l’autorité nationale se doit de poursuivre à s’adresser à son public, comme s’il était toujours intégral. Car, dans les faits, les attentes de tous les Congolais sont les mêmes. Ce n’est d’ailleurs pas sans signification le fait que, même à Goma, les rebelles s’évertuent à hisser le même drapeau étoilé, à chanter le même hymne national et à lire la même Constitution.

Cela étant, deux faits ont récemment démontré l’existence d’un consommateur unique, d’un message devant être également commun. D’une part, il y a eu en juin dernier l’organisation de l’Examen d’Etat pour tous les élèves du Congo. Et tout récemment il s’est effectué le payement des fonctionnaires de l’Etat dans le Nord et le Sud-Kivu, quoique territoires occupés par les rebelles. Les disciples de la balkanisation n’avaient osé y croire !

C’est dire que, en dépit de la guerre et de la divergence totale sur le plan politique et idéologique, il existe quelque part un consommateur unique de communication institutionnelle. Il n’y a que le savant inventeur qui n’est pas encore au rendez-vous. Son double défi est cependant déjà connu : parvenir coûte que coûte à découvrir l’identité collective du consommateur unique congolais et appréhender le type judicieux d’interactivité à établir entre lui et l’autorité nationale. L’espoir n’est pas du tout interdit.

 

MMM

Dilemme d’Etat ;  Quoi dire de commun à Boma et à Goma ? (Tribune de la Professeure Madeleine Mbongo Mpasi)
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Le renversement de la pyramide hiérarchique du pouvoir et les leaders populaires (Tribune)

Par Jean-Pierre Mbelu

Mukalenge batu bamuvinga bantu, kabatu bamuvinga nsona (Prov. Luba)

Lire sereinement les signes des temps est une entreprise difficile. Surtout lorsque ces temps sont maussades et donnent l’impression d’effacer certains repères. Surtout lorsque ces temps deviennent troubles et défient toute rationalité. Surtout lorsqu’ils donnent l’ impression que la raison est défaite. Ces temps brouillés interpellent et questionnent la trop grande place accordée à la raison au dépens des affects. Ils demandent si cet héritage de la modernité n’a pas besoin d’être remis profondément en cause au profit de la raison sensible. Oui. Les temps sont difficiles et compliqués. La conception du pouvoir hiérarchique en reçoit les contrecoups. Elle pourrait appeler à son secours une certaine tradicratie en vue de sauver, tant soit peu, »la vie bonne ». Sur le temps long. Un temps intégrant les notions de l’errance et de l’incomplétude permanente (entre les conquis de »la vie bonne » et leur instabilisation).

Des bakalenge deviennent des pieuvres

Dans les pays où la pyramide hiérarchique du pouvoir est, à tâtons, renversée, les leaders populaires (et/ou populistes) réussissent la reliance avec le peuple mis debout, devenu résistant et résilient. Ce peuple debout est le produit de la démultiplication de ces leaders populaires et des autres élites luttantes et structurantes ainsi que de leur interaction. Ces leaders populaires sont des « chefs », des « bakalenge » ayant compris le sens du « bukalenge », la signification, les devoirs et les obligations majeurs du « Mukalenge ».

Incarnés dans le peuple, les « bakalenge » deviennent des « pieuvres ». Tel est leur secret. Telle est leur force. Ils peuvent être vaincus sur le court terme. Sur le temps long, leur incarnation les rend invincibles.

S’incarner et interagir avec le peuple est l’un de ces devoirs et de ces obligations. Incarnés dans le peuple, les « bakalenge » deviennent des « pieuvres ». Tel est leur secret. Telle est leur force. Ils peuvent être vaincus sur le court terme. Sur le temps long, leur incarnation les rend invincibles. Pourquoi ? Ils ont réussi, avec le peuple debout, à se connaître, à mieux se connaître, à inscrire leur lutte dans leur histoire commune et dans leur tradition résistante et résiliente. Ensemble, ils se définissent comme étant les héritiers des aïeux ayant sacrifié leur vie pour que triomphent la liberté et la dignité.

Ayant bien circonscrit « la servitude initiale », ils ont compris qu’ils ne peuvent jouir de la véritable liberté que s’ils maîtrisent tant soit peu le destin en devenant, ensemble, « les démiurges » de leur propre destinée. Refusant la répétition de la renonciation à leur « nous » patriotiquement constitué, ils rejettent la mémoire aliénée et inscrivent leur lutte collective dans la promotion d’une mémoire vivante sur le court, le moyen et le long terme. Ils se connaissent. Ils connaissent leurs adversaires et leurs ennemis. Ils ont, sur le temps long, identifié leurs amis et savent, désormais, qu’ils ne sont pas seuls. Ils peuvent perdre des combats et pas la guerre contre leur soumission et leur abâtardissement.

« Non. On n’enchaîne pas la vérité »

Pour les « bakalenge », ce n’est pas leur « petit moi » qui compte. C’est d’abord et avant tout leur peuple. Ils peuvent être enchaînés. Ils savent que la vérité échappe aux chaînes et finit par triompher. Ils sont convaincus au plus profond d’eux-mêmes qu’on enchaîne pas la vérité. Ils vivent de cette conviction et la partagent avec leur peuple. Ils font l’unité des coeurs et des esprits en partageant cette conviction : « Non. On n’enchaîne pas la vérité ».

La conscience nationale éveillée se moque du temps qui passe. Il se moque de « la chronitite » réduisant le temps comptable à l’argent en disant « time is money ».

Lorsqu’il arrive qu’ils soient enchaînés, la pyramide renversée du pouvoir se redresse. Le peuple, propriétaire de ce pouvoir et souverain primaire se lève pour récupérer son dû. Cela peut prendre du temps. Beaucoup de temps.

La conscience nationale éveillée se moque du temps qui passe. Il se moque de « la chronitite » réduisant le temps comptable à l’argent en disant « time is money ». Il se fie au temps de la méditation, du recueillement, du discernement, de la lucidité et de la sérénité faisant advenir « le kaïros », le temps favorable de l’action individuelle et collective récusant « l’interdit de penser ».

Nos ancêtres, les « Bantu » et les « bintu »

Nos ancêtres avaient compris du lien entre le « Mukalenge » et ses sujets au dépens des « choses », des « bintu ». Le « Mukalenge » travaillant patriotiquement à la reliance avec les masses populaires à transmuter en peuple, en un peuple conscient de ses devoirs et de ses obligations, sur le court, moyen et long terme ne craint pas une année et/ou des années de sécheresse.

Le « Mukalenge » travaillant patriotiquement à la reliance avec les masses populaires à transmuter en peuple, en un peuple conscient de ses devoirs et de ses obligations, sur le court, moyen et long terme ne craint pas une année et/ou des années de sécheresse.

Elles ne sont pas un empêchement à la production des fruits au sein du peuple. Le privilège accordé aux « bantu » peut inciter à un usage rationnel des « bintu » pour protéger « la vie bonne ».

Les temps sont maussades. Les « individus souverains » se liguent contre les peuples souverains et/ou en quête de souveraineté. Ceux-ci ont besoin que se lèvent en leurs seins des « bakalenge » renversant la pyramide hiérarchique du pouvoir et de s’incarner afin que triomphe « le peuple d’abord ».

LPP/INGETA

Le renversement de la pyramide hiérarchique du pouvoir et les leaders populaires (Tribune)
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Les temps troublés et le livre (Tribune)

Par Jean-Pierre Mbelu

« Là où le désastre est une certitude, l’improbable est possible. »

– Babanya

Il arrive que certains événements troublent la quiétude individuelle et collective. Ils peuvent alimenter les questions dites d’actualité et assiéger l’imaginaire au point de nourrir une certaine naïveté et une certaine crédulité.

Il est vrai que les temps troublés sèment la peur et une certaine désolation. Au même moment que ces temps troublés invitent à la pratique de « l’éthique du désert » nécessaire au « dialogue intérieur », au « commerce avec soi-même », ils pourraient être des moments privilégiés pour rouvrir le livre. D’où l’importance, pour les amies et les amis de la pensée, d’avoir une petite bibliothèque chez soi et/ou d’en fréquenter une régulièrement.

Donald Trump, une chance énorme pour la pensée

Surtout qu’avec la présidence de Donald Trump, il y a une chance énorme à saisir : tout (ou presque) est dit clairement. Il n’est plus question de la guerre du bien contre le mal, de l’exportation de la démocratie et/ou de la défense des droits de l’homme. Non. Au sujet du pétrole vénézuélien, par exemple, il soutient que son pays va aller le chercher.

Donald Trump lui-même avoue qu’il reconduit la doctrine Monroe. Même si cette reconduction n’est pas sa reproduction, même si elle n’est pas du copier-coller, elle est un recours au passé. En d’autres termes, il n’y a rien de neuf sous le soleil US.

Son administration n’acceptera pas que ses adversaires et des ennemis aient accès aux ressources stratégiques de l’arrière-court US. Est-ce une nouvelle doctrine ? Non. Donald Trump lui-même avoue qu’il reconduit la doctrine Monroe. Même si cette reconduction n’est pas sa reproduction, même si elle n’est pas du copier-coller, elle est un recours au passé. En d’autres termes, il n’y a rien de neuf sous le soleil US. Les efforts déployés pour rendre à l’Amérique toute sa grandeur « again » s’inscrivent dans cette dynamique.

Est-ce possible de procéder à cette reconduction de la grandeur américaine en oubliant que « la fin de l’histoire » n’a pas eu lieu après la chute du mur de Berlin en 1989 et la fin de l’URSS en 1991 ? Cette (re)grandeur pourrait-elle être possible après que « le rêve américain » ait connu son « requiem », après que ses « péchés originaires » aient été mis à nu comme l’écrit Noam Chomsky dans « Requiem pour le rêve américain » (2017). Si les Américains les ont oubliés, les peuples qui en ont été victimes ne sont pas tous amnésiques.

Ni la fin de l’histoire, ni la fin des idéologies

En fait, « la fin de l’histoire » prédite par Francis Fukuyama n’a pas eu lieu et la (re)colonisation des pans entiers du monde par le néolibéralisme n’a pas mis fin aux idéologies. La lutte menée contre « la démocratie » au pays de l’Oncle Sam depuis les années 1960 (Lire N. CHOMSKY, Deux heures de lucidité (2001)) n’a pas empêché aux « communards » vénézuéliens, héritiers de Bolivar et de Chavez, de renverser la pyramide hiérarchique du pouvoir afin de le gérer à partir de la commune en votant des projets (après débats, délibérations et décisions collectives) et en participant patriotiquement à leurs réalisations.

« La fin de l’histoire » prédite par Francis Fukuyama n’a pas eu lieu et la (re)colonisation des pans entiers du monde par le néolibéralisme n’a pas mis fin aux idéologies.

Donc, les efforts (re)coloniaux déployés par « les petites mains » du néolibéralisme pour sonner « la fin des idéologies » ont échoué au pays de Chavez. Là-bas, contre vents et marées, il n’y a eu ni « fin de l’histoire », ni « fin des idéologies ». Ceci ferait très mal aux narrateurs de l’hégémonie néolibérale. Enlever le fruit pourri vénézuélien de la corbeille des pays du monde pouvant se laisser contaminer serait pour eux la meilleure solution…

Si demain le pétrole n’est plus vendu en dollar ?

Revenons au pétrole vendu exclusivement en dollar depuis les années 1971-1973. En écrivant « La stratégie du chaos. Impérialisme et islam. Entretien avec Mohammed Hassan » (2011), Michel Collon et Grégoire Lalieu notaient ceci : « Si demain, le pétrole n’est plus vendu exclusivement en dollar, la domination US s’effondrerait par manque de capitaux. »

Le Sud global est en train de réinventer le monde. Et chaque réinvention a son côté tragique. Elle fait surgir les monstres et dévoilé la mesquinerie des corrompus et des traîtres.

En sommes-nous déjà là avec tous ces pays des BRICS commerçant avec le Venezuela, la Chine, l’Inde, la Russie, l’Iran, l’Iran, l’Arabie Saoudite, etc., en leur propres monnaies ? C’est peut-être ce que nous entendons et voyons. Donc, le Sud global est en train de réinventer le monde. Et chaque réinvention a son côté tragique. Elle fait surgir les monstres et dévoilé la mesquinerie des corrompus et des traîtres.

Chaque réinvention porte en elle la certitude du désastre. Même si là où le désastre est une certitude, l’improbable reste possible. Les derniers événements du Venezuela auraient-ils rendu amnésiques ? Il y a eu le Vietnam, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Iran, le Kongo-Kinshasa, etc.

Une proposition de lecture

Les temps troublés peuvent plonger dans l’amnésie. Pour rafraîchir la mémoire, voici une proposition de lecture :

GEOFFROY, La superclasse mondiale contre les peuples (2018)

B. BADIE, Quand le Sud réinvente le monde. Essaie sur la puissance de la faiblesse (2018)

E. TODD, Après l’empire. Essai sur la décomposition du système américain (2002)

N. KLEIN , La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre (2008)

COLLON, Bush, le cyclone (2005)

A. ORAIN, Le monde confisqué. Essai sur le capitalisme de la finitude (XVIe-XXIe siècle) (2025)

 

LPP/INGETA

Les temps troublés et le livre (Tribune)
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Embouteillages/Kinshasa paralysée : quand l’État abdique face au chaos

Kinshasa ne respire plus. Elle suffoque. Chaque matin, la capitale de la République démocratique du Congo s’enfonce un peu plus dans une paralysie totale, rythmée par des embouteillages interminables qui transforment la ville en piège géant. Ce n’est plus un problème de circulation : c’est l’illustration brutale de la faillite de l’autorité publique.

L’État regarde, impuissant. La Police de circulation routière gesticule, la Police militaire est déployée comme pour masquer l’absence de solutions réelles. Rien n’y fait. L’anarchie règne, sans plan, sans règles, sans vision. À Kinshasa, on ne circule pas, on survit. Et cette survie quotidienne est devenue une humiliation collective.

Aucune politique sérieuse de mobilité urbaine n’existe. Ni au niveau provincial, ni au niveau national. Les annonces tapageuses, les décisions improvisées, les opérations spectaculaires sans lendemain ont toutes échoué. L’absence de coordination et le mépris de la planification ont conduit à une situation où chacun se débrouille, pendant que l’État se dérobe à sa responsabilité fondamentale : organiser la cité.

La colère populaire est légitime. Des malades meurent dans des ambulances immobilisées. Des citoyens abandonnent leurs véhicules au milieu de la nuit pour rentrer à pied ou à moto.

Pendant ce temps, les cortèges officiels bafouent les règles, roulent à contre-sens, plaques masquées et gyrophares arrogants, révélant un pouvoir qui s’exonère des lois qu’il impose aux autres. Cette injustice alimente le ressentiment et détruit la crédibilité de l’État.

Le danger est désormais politique et sécuritaire. À l’heure où le pays fait face à une insécurité persistante, où des milices inquiètent aux portes de la capitale, l’asphyxie de Kinshasa devient une menace directe pour les institutions, pour les services d’urgence et pour la stabilité même de la ville. Une capitale bloquée est une capitale vulnérable.

Il faut le dire sans détour : laisser Kinshasa dans cet état relève de la négligence grave. Réguler drastiquement l’importation des véhicules, investir massivement dans les transports publics, imposer l’exemplarité absolue aux autorités, repenser l’urbanisme et la circulation ne sont pas des options, mais des urgences nationales.

À force de tolérer le chaos, le pouvoir public abdique. Et quand l’État abdique, c’est la loi du plus fort qui s’installe. Kinshasa mérite mieux qu’un gouvernement spectateur de sa propre décomposition.

 

La Rédaction

Embouteillages/Kinshasa paralysée : quand l’État abdique face au chaos
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Tribune – Uvira, Washington et Pékin : derrière les mouvements militaires, une bataille géo-économique mondiale

La récente prise d’Uvira, survenue dans le sillage de l’accord de Washington négocié sous la médiation américaine, ne peut être comprise en dehors du cadre plus vaste qui redessine aujourd’hui les rapports de force mondiaux. Car derrière les diplomaties souriantes et les discours de paix se cache une réalité brutale : la bataille pour le contrôle des minerais critiques, indispensables à l’économie du XXIᵉ siècle, se joue dans l’Est de la RDC. Et Washington comme Pékin le savent.

Un théâtre local pour une rivalité globale

Depuis une décennie, l’Afrique centrale est devenue l’un des épicentres de la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la RDC concentre plus de 60 % des réserves mondiales de cobalt et détient des quantités stratégiques de lithium, coltan, cuivre et germanium. À l’heure de l’électrification des transports, de la fabrication de semi-conducteurs et des technologies de défense, ces minerais ne sont plus de simples ressources : ce sont des leviers de puissance.

La Chine, anticipant cette mutation depuis longtemps, a verrouillé des pans entiers du secteur minier congolais. Son avance dans le raffinage mondial et son implantation dans les chaînes d’approvisionnement en métaux stratégiques donnent à Pékin une influence quasi hégémonique. C’est précisément ce que Washington cherche à contenir.

L’accord de Washington : diplomatie de paix ou diplomatie des ressources ?

L’implication américaine dans les discussions régionales n’a rien d’innocent. Officiellement, il s’agit de stabiliser l’Est congolais, dont les conflits chroniques entravent le développement. En réalité, cette stabilisation sert un second objectif, plus discret mais tout aussi réel : créer un environnement géopolitique favorable à un rééquilibrage économique, afin que les États-Unis puissent regagner une influence qu’ils jugent indispensable pour leurs industries stratégiques.

La paix, dans ce cadre, devient un outil au service d’une stratégie plus ambitieuse. En soutenant certains alignements diplomatiques ou sécuritaires, Washington cherche à réduire la dépendance de Kinshasa envers Pékin. Ce n’est pas tant “chasser les Chinois” que fragmenter leur domination et ouvrir la voie à des partenariats alternatifs.

Uvira : une pièce logistique dans un jeu qui dépasse la région

Il serait toutefois simpliste de voir dans Uvira un enjeu minier direct. Cette ville n’est pas un gisement, mais un carrefour : une porte d’entrée vers le Sud-Kivu, le Burundi et le lac Tanganyika, et une rampe d’accès vers les zones minières du Katanga. Contrôler Uvira, c’est maîtriser des axes vitaux pour le commerce légal comme illégal, pour les mouvements armés comme pour les flux économiques.

Dans un conflit où les routes valent parfois autant que les mines, l’emprise sur Uvira s’inscrit dans une stratégie d’ensemble : celle de remodeler les circuits logistiques, d’affaiblir certains réseaux, d’en renforcer d’autres, et in fine de redéfinir l’architecture sécuritaire régionale selon des intérêts qui dépassent largement les acteurs locaux.

La bataille des minerais critiques ne fait que commencer

La prise d’Uvira ne saurait donc être interprétée comme un épisode isolé. Elle est un symptôme d’une dynamique plus large : celle où les puissances mondiales utilisent la diplomatie, la pression économique, les alliances locales et parfois même le chaos pour redessiner la carte des influences.

La RDC, malgré elle, devient le champ de bataille d’une confrontation silencieuse mais déterminante pour l’économie mondiale. Les États-Unis ne cherchent pas une victoire militaire dans le Kivu ; ils cherchent à éviter une défaite stratégique face à Pékin dans la course aux métaux de l’avenir.

Uvira n’est qu’une pièce sur l’échiquier. Mais l’échiquier, lui, est global.

la diplomatie américaine, le rôle de groupes armés comme l’AFC-M23, les intérêts des multinationales, la rivalité USA–Chine et le corridor de Lobito en RDC: Les USA utilisent-ils une « diplomatie de la canonnière » ?

La diplomatie de la canonnière (gunboat diplomacy) renvoie à l’usage de la puissance, y compris militaire ou économique, pour imposer sa volonté.

Le corridor de Lobito est un projet d’infrastructure destiné à relier le centre minier de la RDC aux ports atlantiques via l’Angola, facilitant l’exportation vers l’Europe et les États-Unis afin de diversifier les routes commerciales dominées par les ports de l’océan Indien (via la Chine).

Les États-Unis et l’UE soutiennent ce projet comme un moyen de renforcer les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.

La République démocratique du Congo doit adopter une posture stratégique cohérente face aux profondes recompositions géo-économiques régionales et internationales. À cet égard, le corridor de Lobito constitue un projet d’infrastructure majeur : il relie le cœur minier de la RDC aux ports atlantiques via l’Angola, ouvrant un accès direct vers l’Europe et les États-Unis. Cette alternative réduit la dépendance historique aux corridors orientaux, largement dominés par les dynamiques commerciales de l’océan Indien et, surtout, par l’influence économique de la Chine.

Pour Washington et Bruxelles, cet axe logistique représente bien plus qu’une simple route de transport : il s’agit d’un outil géopolitique destiné à sécuriser des chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques — cobalt, cuivre et autres éléments critiques — indispensables à leurs industries de pointe et à la transition énergétique. En soutenant le corridor de Lobito, ces puissances entendent rééquilibrer la compétition mondiale, réduire leur vulnérabilité géo-économique et s’implanter durablement dans la région.

Dans ce contexte, la RDC doit jouer pleinement son rôle de puissance stratégique au cœur de l’Afrique. Cela implique de défendre fermement ses intérêts, de renforcer sa capacité à négocier avec les partenaires internationaux, et surtout de consolider l’État sur ses fondements essentiels :

sécurité nationale,

souveraineté territoriale,

indépendance politique et économique,

maîtrise de ses ressources stratégiques.

Face aux rivalités de puissances et aux nouvelles formes de compétition mondiale, la RDC ne peut se permettre d’apparaître comme un simple espace d’extraction ou de transit. Elle doit se recentrer autour de ses forces de sécurité et de ses institutions afin de préserver son intégrité territoriale et d’affirmer son statut d’acteur souverain. L’époque où les logiques impérialistes dictaient le destin des nations africaines doit appartenir au passé ; l’heure est venue pour la RDC d’occuper, par stratégie et par volonté, la place de droit qui lui revient dans le concert des nations.

 

PRINCE KINANA SILUMBANZA
Président du MND
La relève pour la renaissance congolaise [RNC]

 

LPP/WISE.CD

 

Tribune – Uvira, Washington et Pékin : derrière les mouvements militaires, une bataille géo-économique mondiale
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Nouveau bras de fer entre Kigali et les FDLR : la paix sous haute tension

Analyse de Roberto Tshahe 

Alors que Kinshasa et Kigali annoncent une offensive conjointe contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le mouvement rebelle rwandais rejette toute reddition sans dialogue politique. Ce refus ravive les tensions historiques de la région des Grands Lacs et met à l’épreuve la diplomatie régionale.

Un refus qui relance les fractures du passé

Les FDLR, issues des milices hutus réfugiées en RDC après le génocide de 1994, ont depuis longtemps perdu de leur puissance militaire. Mais leur existence conserve une forte charge symbolique : pour Kigali, elles incarnent la persistance des génocidaires en exil ; pour leurs membres, elles représentent la défense des réfugiés hutus craignant de rentrer au Rwanda sans garanties de sécurité.

En conditionnant leur désarmement à un dialogue direct avec Paul Kagame, les FDLR cherchent à se repositionner politiquement, refusant d’être traitées comme une simple cible militaire. Leur message traduit aussi une méfiance persistante vis-à-vis de Kigali, accusé d’écarter toute réconciliation sincère.

Une coopération Kinshasa-Kigali à haut risque

L’annonce d’une opération conjointe contre les FDLR survient alors que les relations entre la RDC et le Rwanda demeurent extrêmement tendues. Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23, tandis que le Rwanda reproche à son voisin de tolérer la présence des FDLR sur son sol.

Dans ce contexte, une coopération militaire directe paraît paradoxale et risquée sur le plan politique : elle alimente la suspicion d’une partie de l’opinion congolaise, qui garde un souvenir douloureux des interventions rwandaises des années 1990-2000.

Entre survie stratégique et calcul diplomatique

Pour les FDLR, cet appel au dialogue s’apparente à une stratégie de survie. Le groupe sait que sa capacité de résistance militaire est limitée face à une offensive conjointe. En cherchant la médiation internationale, il tente de transformer un combat perdu d’avance en enjeu diplomatique.

Mais du côté de Kigali et Kinshasa, la tentation d’une solution rapide par la force reste forte, au risque de réactiver les cycles de violence dans l’Est congolais.

Un test décisif pour la paix régionale

Cette nouvelle séquence s’annonce comme un test majeur pour la diplomatie régionale. Si l’opération se déroule sans abus et parvient à neutraliser les FDLR, elle pourrait ouvrir la voie à un réchauffement prudent entre Kigali et Kinshasa.

Mais en cas d’échec ou de dérapages, elle risquerait de raviver les blessures des guerres du Congo et de fragiliser les efforts de médiation de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la SADC.

Dans une région marquée par des alliances mouvantes et des méfiances anciennes, la question des FDLR rappelle une vérité essentielle : aucune stabilité durable ne peut naître d’une victoire militaire seule. La paix, ici plus qu’ailleurs, exige un courage politique et une mémoire partagée.

Nouveau bras de fer entre Kigali et les FDLR : la paix sous haute tension
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" L'EPARGNE AU SOUFFLE DU FRANC CONGOLAIS" ( POEME DU PROF BOBO B. KABUNGU)

Lorsque la monnaie prend de la hauteur,
Les prix s’apaisent, la crainte s’endort,
Et dans les foyers, naît la vigueur
D’un revenu mieux gardé que l’effort.

 

L’appréciation calme le marché,
Les biens s’offrent à moindre coût,
Et l’épargnant moins accablé,
Revoit l’avenir d’un œil plus doux.

 

 

La hausse du franc freine l’inflation,
Préserve la valeur du gain.
Ainsi s’affirme la raison
D’épargner pour des jours plus sains.

 

La confiance renaît dans la monnaie,
Les ménages quittent le dollar,
L’économie se fait ordonnée,
Le franc devient pilier du devoir.

 

Les banques, fortes de cette foi,
Recueillent un flux d’épargne accrue,
Le crédit suit les règles et la loi,
Et la croissance va dans le sens voulu.

 

Les taux réels trouvent leur éclat,
Récompensant l’effort des mains,
Car l’épargne, au lieu d’être là-bas,
Fleurit enfin sur le chemin.

 

Mais cette force, pour demeurer,
Demande rigueur et confiance,
Une politique bien mesurée,
Et la prudence en toute instance.

 

Ainsi, le franc qui se consolide,
Rend le foyer plus résilient,
Et par son cours stable et lucide,
Fait naître un peuple épargnant.

 

Prof. Bobo B. KABUNGU, Économiste banquier central 
Chargé de recherche au Centre de recherche en sciences humaines (CRESH)
Poème rédigé ce 31 octobre 2025, à l’occasion de la Journée internationale de l’épargne.

" L'EPARGNE AU SOUFFLE DU FRANC CONGOLAIS" ( POEME DU PROF BOBO B. KABUNGU)
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