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Félix Tshisekedi aux Émirats arabes unis pour la signature d’un accord économique

Le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a quitté Kinshasa ce dimanche 1er février en fin d’après-midi pour se rendre aux Émirats arabes unis.

Ce déplacement officiel s’inscrit dans le cadre de la signature d’un partenariat économique entre la RDC et les Émirats arabes unis. La cérémonie officielle est prévue ce lundi 2 février au palais présidentiel de Qasr Al Watan, en présence du Président émirati, Mohamed Ben Zayed Al Nahyane, et de son homologue congolais.

Cet accord de coopération économique vise à renforcer et à transformer les échanges commerciaux ainsi que les flux d’investissements entre les deux États. Il s’inscrit également dans la stratégie nationale de diversification des partenariats économiques de la République démocratique du Congo.

 

Ernest Kandala

Félix Tshisekedi aux Émirats arabes unis pour la signature d’un accord économique
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OCC : Julien Paluku impose des mesures de sauvegarde face aux soupçons de détournement

Dans un contexte marqué par de graves soupçons de malversations financières évaluées à plusieurs millions de dollars, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a pris une série de mesures conservatoires afin de sécuriser les finances de l’Office congolais de contrôle (OCC). Ces décisions interviennent en attendant les conclusions de l’enquête en cours visant notamment le directeur général de cet établissement public.

Face à ce qu’il qualifie de période « critique », le ministre a ordonné la suspension immédiate de tout mouvement du personnel ainsi que de tout avancement en grade sur l’ensemble du territoire national. Toutes les mises en place administratives au sein de l’OCC sont ainsi gelées jusqu’à nouvel ordre, dans le but de prévenir d’éventuelles irrégularités supplémentaires.

Par ailleurs, l’engagement de nouvelles dépenses est strictement interdit, à l’exception de celles liées au fonctionnement courant de l’Office et au paiement des salaires du personnel. Désormais, toute dépense ne relevant pas de ce cadre devra obtenir l’approbation préalable de la tutelle.

Autre mesure forte : la direction générale de l’OCC est temporairement privée de la possibilité de signer des contrats avec des tiers pendant toute la durée de la procédure disciplinaire en cours. À travers ces décisions, le ministère du Commerce extérieur entend renforcer la transparence, préserver les ressources publiques et garantir le bon déroulement de l’enquête.

 

LK

OCC : Julien Paluku impose des mesures de sauvegarde face aux soupçons de détournement
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Stabilité du franc congolais, un bien qui fait mal aux fossoyeurs de la souveraineté monétaire

Réaction du Groupe de recherche en économie et commerce (Grec) à une lettre ouverte adressée ce 28 janvier 2026 au Gouverneur de la BCC.

 

Quand certains regrettent la faiblesse du Franc Congolais, le Groupe de recherche en économie et commerce (Grec), offusqué par l’acharnement intellectuel et rhétorique observé dans certaines tribunes récentes à l’encontre de l’action de la Banque Centrale du Congo (BCC), rappelle que la rigueur monétaire n’est ni une nostalgie coloniale ni un refus de modernité. Face à une lecture qu’il juge idéologisée, partielle et déconnectée du cadre légal ainsi que des réalités macroéconomiques du pays, le Grec a estimé nécessaire d’éclairer l’opinion publique et de rétablir quelques vérités économiques élémentaires. Sa réaction déconstruit méthodiquement les thèses développées dans ladite lettre ouverte, en rétablissant les responsabilités, les cadres juridiques et les réalités institutionnelles.

1. Stabilité monétaire : un socle, pas un fétiche

Qualifier la stabilité des prix de « paradigme daté » relève moins d’une analyse rigoureuse que d’un contresens historique. Comme le rappelle Milton Friedman, pourtant souvent invoqué à tort ou à raison par ses détracteurs, « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » (Friedman, 1963). Dans des économies à mémoire inflationniste aiguë, la stabilité monétaire constitue un préalable à toute projection « intertemporelle »crédible.

La littérature économique est sans ambiguïté : une monnaie instable détruit l’épargne, raccourcit l’horizon de décision des agents et alimente la dollarisation. À ce titre, Blanchard souligne que « la stabilité macroéconomique n’est pas un objectif en soi, mais une condition nécessaire à une croissance soutenable » (Blanchard, 2017). En RDC, où la majorité de la population est rémunérée en francs congolais, ce principe prend une dimension sociale et politique évidente.

2. Modernité monétaire : séquençage contre incantation

Contrairement à ce qui est avancé, la Banque Centrale du Congo n’ignore ni la monnaie scripturale ni les infrastructures de paiement modernes. Elle en appréhende simplement les conditions de viabilité. Comme le rappelle la Banque des règlements internationaux, « les systèmes de paiement sûrs et efficaces reposent avant tout sur la solidité institutionnelle, la confiance et la gouvernance » (BIS, 2020).

La modernité monétaire n’est pas un slogan technologique. Elle est une architecture. Dans les économies à faible profondeur financière, une expansion monétaire non disciplinée ou une digitalisation mal encadrée ne produit pas de souveraineté, mais des vulnérabilités systémiques. À cet égard, l’approche graduelle et prudente de la BCC s’inscrit pleinement dans les standards internationaux.

3. Création monétaire et développement : attention aux raccourcis

La tentation de faire de la Banque Centrale le substitut d’une politique industrielle absente est intellectuellement séduisante, mais économiquement dangereuse. Comme le rappellent Acemoglu et Robinson, « les institutions économiques inclusives reposent sur des règles crédibles et prévisibles, non sur la discrétion permanente » (Acemoglu & Robinson, 2012).

La coordination entre politique monétaire et politique budgétaire suppose des capacités administratives, fiscales et productives que la création monétaire, à elle seule, ne saurait remplacer. Demander à la BCC de « forcer » la transformation structurelle revient à lui imputer les responsabilités d’autres sphères de l’action publique.

4. Dédollarisation : une responsabilité d’État, pas un décret monétaire

La dédollarisation durable commence là où l’État assume pleinement sa monnaie. Comme l’indique Reinhart, « la dollarisation est moins un choix idéologique qu’une réponse rationnelle à l’incertitude institutionnelle » (Reinhart, Rogoff & Savastano, 2003). La Banque centrale peut accompagner, inciter et encadrer, mais elle ne peut se substituer aux décisions budgétaires, fiscales et salariales du gouvernement.

5. Note conclusive

La Banque Centrale du Congo n’est ni archaïque, ni frileuse, ni prisonnière d’un passé colonial fantasmé. Elle agit dans le cadre précis de son mandat légal, avec une responsabilité claire : restaurer et préserver la confiance dans le Franc Congolais. Dans un pays longtemps meurtri par l’instabilité monétaire, cette action est moins une obsession qu’un acte de salubrité économique.

En attendant la vulgarisation du Plan Stratégique de la BCC 2026-2030, l’Autorité monétaire attire l’attention du lecteur et l’interpelle dès l’entame de son propos : « Pendant trop longtemps, nous avons vécu avec l’idée que le Franc Congolais était condamné à la faiblesse. La dépréciation de notre monnaie était devenue une habitude, presqu’une normalité. On finissait par ne plus se poser la question du “pourquoi”, comme si tout cela allait de soi. Je veux le dire clairement : le Franc Congolais n’a pas vocation à être faible. Il n’existe pas de fatalité monétaire. Il y a des choix, des institutions et une capacité collective à assumer ces choix dans la durée. Les épisodes récents d’appréciation et de stabilisation du Franc Congolais montrent que lorsque nous agissons avec lucidité, discipline et cohérence, l’histoire peut s’écrire autrement. Au cœur de ce plan, nous avons formulé notre raison d’être : veiller à ce que le Franc Congolais contribue à la prospérité du pays et de ses habitants. Cette phrase est notre boussole. Chaque décision de politique monétaire, chaque réforme interne, chaque évolution de nos instruments devra être jugée à cette aune simple : est-ce que cela renforce le rôle du Franc Congolais au service de la prospérité du Congo et du bien-être de sa population ? » (BCC, 2025).

C’est vraisemblablement ce renforcement de la monnaie nationale accueilli comme un soulagement par la grande majorité de la population, du reste rémunérée en CDF, qui froisse une minorité d’universitaires sans expérience monétaire éprouvée et défendant, au nom de théories désarticulées, des intérêts des lobbys qui ont longtemps tiré profit de la dépréciation de la monnaie de la RDC consacrée par la Constitution. Quoi qu’il en soit, la BCC est vivement encouragée à veiller à ce que le Franc Congolais contribue à la prospérité du pays et de ses habitants. Avec comme piliers l’indépendance, la gouvernance, la communication, les ressources humaines, la digitalisation et l’inclusion financière, ce plan stratégique est plus que digne de confiance, autant que le Franc Congolais, patrimoine national, qui est redevenu une source de fierté.

En définitive, si lorsque la monnaie cesse de s’effondrer, certains regrettent le confort intellectuel du chaos, le Grec, pour sa part, choisit la rigueur, la clairvoyance et la souveraineté responsable.

 

Groupe de recherche en économie et commerce (Grec)

Références
Acemoglu, D., & Robinson, J. A. (2012). Why nations fail: The origins of power, prosperity, and poverty. Crown Business.
Banque Centrale du Congo. (2025). Plan Stratégique de la Banque Centrale du Congo 2020-2026. BCC.
Banque des règlements internationaux. (2020). Sound practices: implications of fintechdevelopments for banks and bank supervisors. BIS.
Blanchard, O. (2017). Macroeconomics (7th ed.). Pearson Education.
Friedman, M. (1963). Inflation: Causes and consequences. Asia Publishing House.
Reinhart, C. M., Rogoff, K. S., & Savastano, M. A. (2003). Addicted to dollars. NBER Working Paper No. 10015.
Stabilité du franc congolais, un bien qui fait mal aux fossoyeurs de la souveraineté monétaire
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Sud-Kivu : Uvira et Fizi relancent les échanges lacustres sur le lac Tanganyika

Les activités commerciales sur le lac Tanganyika ont officiellement repris ce mardi 27 janvier 2026, après plus d’un mois et demi de suspension consécutive à l’occupation de la ville d’Uvira par les rebelles du M23. L’annonce a été faite par le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, et mise en application sur le terrain par l’administrateur du territoire de Fizi, Amy Kalonji Badibanga.

Désormais, les échanges lacustres entre Uvira, Fizi et Kalemie, ainsi qu’avec les pays voisins — Burundi, Tanzanie et Zambie — sont de nouveau autorisés. Cette reprise vise à soulager les populations locales et à relancer une économie fortement affectée par l’insécurité et l’interruption prolongée des activités commerciales.

« Aujourd’hui, 27 janvier 2026, j’annonce la réouverture de toutes les activités commerciales lacustres sur le lac Tanganyika », a déclaré l’administrateur du territoire de Fizi à Radio Okapi. Il a rappelé que la suspension initiale avait pour objectif de prévenir toute infiltration des éléments du M23 vers les territoires de Fizi et la ville de Kalemie.

Avec cette décision, navires, bateaux et navettes sont désormais autorisés à circuler sur l’ensemble des axes lacustres reliant Kalemie, Uvira, Fizi et les pays riverains.

Toutefois, le gouverneur Jean-Jacques Purusi a appelé à une vigilance accrue des services de sécurité, soulignant que l’AFC-M23 demeure une menace potentielle capable de mener des incursions à tout moment dans la région.

 

LK

Sud-Kivu : Uvira et Fizi relancent les échanges lacustres sur le lac Tanganyika
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Haut-Katanga : la production de cuivre et de cobalt reprend partiellement après contrôle ministériel

Le ministère des Mines a annoncé, ce jeudi, la levée partielle et temporaire de la suspension des activités de traitement du cuivre et du cobalt dans la province du Haut-Katanga. Cette décision fait suite à une mission de contrôle menée par les services compétents, laquelle avait mis en évidence des manquements liés à la conformité administrative et à la traçabilité des substances minérales.

Selon le communiqué officiel, les opérateurs concernés recevront des notifications individuelles dans un délai de 72 heures. La reprise des activités restera toutefois strictement conditionnée au respect des normes légales et réglementaires, tant sur le plan administratif que sur celui de la traçabilité des produits miniers.

Le gouvernement souligne que cette mesure s’inscrit dans sa volonté de renforcer la gouvernance du secteur minier, tout en maintenant un équilibre entre la relance économique et le respect rigoureux du cadre légal.

 

LK

Haut-Katanga : la production de cuivre et de cobalt reprend partiellement après contrôle ministériel
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Commerce extérieur : le prix d’une tonne de cuivre en hausse de 2,37%

Le prix d’une tonne de cuivre observe une hausse sur les marchés internationaux, au cours de la période du 19 au 24 janvier 2026. Ce minerai se négocie à 13.179,20 USD la semaine sous analyse contre 12.874,05 USD la semaine précédente, soit une augmentation de 2,37% la tonne.      

Il convient de relever que la hausse, la baisse et la stabilité des prix des produits miniers marchands, agricoles et menus forestiers sont consécutives à l’offre et à la demande sur les marchés internationaux ainsi qu’à la chaîne d’approvisionnement. Ces variations ont un impact direct sur l’économie congolaise, fortement dépendante des exportations des matières premières, notamment dans le secteur minier. 

Pour rappel, la RDC est le premier producteur africain de cuivre. Les mines du pays ont livré 2,8 millions de tonnes en 2023, lui permettant de se hisser au rang de deuxième producteur mondial.

 

La Rédaction

Commerce extérieur : le prix d’une tonne de cuivre en hausse de 2,37%
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RDC : les recettes pétrolières en forte hausse après la fin des circuits de fuite

Les recettes du secteur pétrolier en République démocratique du Congo ont atteint un niveau record, grâce aux réformes engagées par le gouvernement pour assainir la gestion fiscale du secteur.

Sous la conduite du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, plusieurs mesures ont été mises en place pour rationaliser la dépense fiscale pétrolière. Selon des données officielles, les recettes mensuelles, qui s’élevaient en moyenne à 4 milliards de francs congolais entre janvier et juillet 2025, sont passées à 79 milliards de francs congolais entre août et décembre de la même année.

Cette progression spectaculaire est attribuée notamment à la suppression des exonérations fiscales abusives, la fermeture des circuits de fuite et l’assainissement des mécanismes de perception. Ces actions ont permis de renforcer la transparence et d’améliorer la mobilisation des ressources publiques.

Les autorités financières estiment que cette performance marque une avancée majeure dans la gouvernance du secteur pétrolier, désormais considéré comme un pilier stratégique pour le financement des politiques publiques et le renforcement des recettes internes.

 

LK

RDC : les recettes pétrolières en forte hausse après la fin des circuits de fuite
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Paiements en devises : la Banque centrale rappelle la primauté du franc congolais

 

La Banque centrale du Congo (BCC) a dénoncé des pratiques illégales observées dans certaines messageries financières et établissements de monnaie électronique, qui exigent des paiements et transferts en devises étrangères tout en refusant les services en monnaie nationale.

Dans un communiqué officiel, l’institution d’émission rappelle que le franc congolais est la seule monnaie ayant cours légal et pouvoir libératoire sur l’ensemble du territoire national. Conformément à la réglementation de change en vigueur, les prix des biens et services doivent être fixés, affichés et payés en monnaie nationale, sauf dérogation expresse accordée par les autorités compétentes.

La BCC souligne que ces pratiques compromettent les efforts de promotion de l’usage du franc congolais et fragilisent la discipline du marché des changes. Face à ces dérives, des mesures ont déjà été prises contre les établissements concernés, avec la possibilité de sanctions plus sévères en cas de récidive.

L’institution appelle enfin la population à la vigilance et l’invite à signaler, en toute confidentialité, toute pratique contraire à la réglementation auprès de ses services compétents, afin d’assurer un suivi rigoureux des plaintes.

 

LK

Paiements en devises : la Banque centrale rappelle la primauté du franc congolais
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Dossier PayServices : le Gouvernement congolais dément tout engagement financier et rejette les accusations

Le ministère des Finances de la République démocratique du Congo a publié un communiqué officiel en réaction à un article d’Africa Intelligence évoquant le dossier PayServices. Les autorités congolaises y rejettent toute implication financière de l’État et dénoncent des allégations qu’elles jugent dépourvues de fondement juridique.

Selon le ministère, les informations relayées reposent sur des prétentions formulées par une partie privée dans le cadre d’une procédure contentieuse encore en cours. À ce stade, aucune décision judiciaire définitive n’établit la responsabilité de l’État congolais ou de ses institutions.

Le Gouvernement précise que les protocoles d’accord et mémorandums signés avec la société PayServices, entreprise de droit américain, revêtaient un caractère purement exploratoire. Ils s’inscrivaient dans un projet de digitalisation des services publics et n’engageaient ni le Trésor public ni le budget de l’État. Aucun décaissement ni transfert de fonds n’a, par ailleurs, été effectué.

S’agissant de la demande de paiement de vingt millions de dollars américains introduite par PayServices, le ministère indique qu’elle a été rejetée à l’issue d’analyses administratives et juridiques approfondies. Cette décision repose notamment sur la non-conformité des accords invoqués avec la législation congolaise relative aux finances publiques ainsi que sur l’absence d’autorisation parlementaire requise.

Le Gouvernement dément également toute accusation de corruption, affirmant qu’aucun paiement, promesse ou avantage indu n’a été accordé à qui que ce soit dans ce dossier.

Enfin, la République démocratique du Congo réaffirme son attachement à la légalité, à la transparence et à la bonne gouvernance, tout en réitérant son ouverture aux investisseurs respectueux des lois et règlements en vigueur.

 

LK

Dossier PayServices : le Gouvernement congolais dément tout engagement financier et rejette les accusations
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Franc Congolais : l’essentiel est fait et la confiance monte

Les dix biais cognitifs d’un PhD s’attaquant à la monnaie congolaise - patrimoine national

Dans un article de presse paru en ligne ce lundi 12 janvier 2026, alors même que la Banque Centrale annonce une nouvelle intervention pour répondre aux besoins de liquidités en devises et casser les spéculations dans le chef de certains opérateurs économiques, un prétendu expert, aux réflexions rappelant l’effet Dunning-Kruger et la paranoïa, tente de semer le trouble et inoculer le doute quant à la stabilité avérée du CDF.

Se taire face aux inepties reprises dans ce papier aurait constitué une complicité silencieuse dans une campagne contre la monnaie nationale dont le raffermissement est salué par des millions de congolaises et de congolais. D’où la réaction qui suit, structurée en dix points, suivant les biais observés.

1. « La BCC tripote les réserves en devises… »Pourquoi l’argument est faux ou trompeur.

Présenter l’usage des réserves de change comme un simple « jonglage tactique » relève d’une caricature de la politique monétaire.

Dans une économie fortement dollarisée et importatrice comme la RDC, les interventions de la banque centrale sur le marché des changes sont un instrument standard et légitime de stabilisation :

- lissage de la volatilité excessive,
- ancrage des anticipations,
- prévention des spirales inflation-dépréciation.

La littérature montre que, dans les pays à faible crédibilité monétaire, les interventions discrétionnaires peuvent être plus efficaces que les règles strictes (Calvo & Reinhart, 2002).

👉 Ce n’est donc pas une absence de réflexion monétaire, mais une réponse contrainte par la structure de l’économie.

2. « Le Franc Congolais ne permet ni projection, ni planification ».
Erreur conceptuelle.

La capacité de projection économique ne dépend pas exclusivement de la monnaie, mais :
- de la stabilité macroéconomique globale,
- de la prévisibilité budgétaire,
- de la crédibilité des politiques publiques.

De nombreux pays à monnaie historiquement instable (Israël, Brésil, Pérou) ont restauré la planification avant une stabilité parfaite de leur monnaie (Rodrik, 2008).

👉 La monnaie est un symptôme autant qu’une cause, et non un obstacle autonome à la planification.

3. « La monnaie ne porte aucune valeur autonome »
Contresens théorique.

Cette affirmation est fausse en économie monétaire moderne. La monnaie possède une valeur institutionnelle et sociale :
- unité de compte,
- réserve de valeur,
- instrument de règlement des obligations fiscales.

Comme l’a montré Chartalism / Modern Monetary Theory, la valeur de la monnaie repose notamment sur la capacité de l’État à imposer et percevoir l’impôt dans cette monnaie (Knapp, 1924 ; Wray, 2015).

👉 Dire que la monnaie « ne porte aucune valeur » revient à nier le rôle central des institutions.

4. « La corruption comme destruction du lien de confiance ». Glissement abusif.

La corruption affecte la confiance, mais elle n’est ni la seule ni la cause première de l’instabilité monétaire.

L’instabilité monétaire, en théorie, résulte davantage de déficits non financés, chocs externes, dépendance aux importations, faiblesse de la base productive (Acemoglu & Robinson, 2012).

👉 L’argument est moralement séduisant mais analytiquement faible.

5. « Visa comme confusion stratégique ». Faux dilemme.

Opposer infrastructure nationale et réseaux internationaux de paiement est une erreur stratégique.
Les systèmes Visa/Mastercard réduisent le cash,
améliorent la traçabilité,
favorisent l’inclusion financière.

La littérature montre que l’intégration aux réseaux globaux renforce, et non affaiblit, les systèmes financiers nationaux (Beck et al., 2009).

👉 Le problème n’est pas Visa, mais l’absence de complémentarité stratégique. Et la Banque Centrale y travaille particulièrement, la digitalisation étant un des six piliers de son nouveau Plan Stratégique (2026-2030).

6. « La monnaie est créée majoritairement par les banques commerciales ». Assertion mal utilisée.

Oui, la monnaie est principalement créée par le crédit bancaire (McLeay et al., 2014). Mais en RDC :
- le crédit bancaire est faible,
- la création monétaire endogène est limitée.

👉 Cette vérité générale est peu pertinente empiriquement en contexte congolais.

7. « Le rôle de la Banque Centrale n’est pas de produire l’activité ». Argument hors sujet.

Aucune banque centrale ne « produit » directement l’activité économique.

Ce point est trivial, sans lien direct avec la stabilité de la monnaie nationale.

👉 Il s’agit d’un homme de paille rhétorique.

8. « La dollarisation est un abandon de souveraineté ». Lecture partielle.

La dollarisation en RDC est :
- une réponse endogène des agents économiques à l’histoire inflationniste,
- un mécanisme de protection privée, avant le retour à la stabilité du Franc Congolais.

La dé-dollarisation réussie (Pérou, Bolivie) a reposé sur une stabilité macroéconomique durable, une crédibilité progressive, des instruments incitatifs, etc. (IMF, 2015).

👉 La dollarisation n’est pas une fuite, mais une stratégie adaptative rationnelle en période d’instabilité. Mais le raffermissement du CDF suivi de sa stabilité réécrit le cours de l’histoire monétaire en RDC. La préférence pour les devises étrangères diminue globalement au profit de la monnaie nationale qui rassure désormais.

9. « L’indice de sentiment économique n’est pas suivi ». Confusion analytique et déconnexion face aux dernières évolutions.

Les indices de sentiment sont utiles, mais secondaires dans les économies à faible formalisation, moins prédictifs que les données réelles (prix, taux de change, importations). Même dans les pays développés, leur pouvoir explicatif est limité (OECD, 2017).

👉 Retenons que même si l’absence ne discrédite pas une politique monétaire, avec le nouveau top management de la BCC, la réactivation de la fonction de communication a impliqué le suivi de plusieurs indicateurs, entre autres l’indice de confiance en la monnaie nationale.

10. « La vitesse de circulation est ignorée ».
Argument obsolète.

La vitesse de circulation est instable, difficilement mesurable, largement abandonnée comme cible opérationnelle depuis les années 1980 (Friedman, 1988).

👉 Ce n’est pas une variable opérationnelle fiable.

Au-delà de ces dix biais, la conclusion philosophique (« l’ombre et l’objet ») pose également un problème fondamental. Elle confond analyse monétaire,
critique institutionnelle,
méditation philosophique.
Or la stabilité du Franc Congolais est une question d’ordre empirique, pas une métaphore. L’argumentaire substitue profondeur rhétorique à rigueur analytique.

En définitive, cette tribune :
- empile des vérités générales mal contextualisées,
- confond causes structurelles et instruments conjoncturels,
- ignore les contraintes spécifiques d’une économie dollarisée et importatrice.
👉 Elle ne propose qu’une lecture idéologique de la monnaie, détachée de l’économie politique réelle de la RDC.

Groupe de réflexion sur l’économie et le commerce (GREC)*

Le GREC est un regroupement d’économistes membres du Département de recherche en économie et finance au sein du Centre de recherche en sciences humaines (CRESH).

Bibliographie
- Acemoglu, D., & Robinson, J. A. (2012). Why nations fail: The origins of power, prosperity, and poverty. Crown Business.
- Beck, T., Demirgüç-Kunt, A., & Levine, R. (2009). Financial institutions and markets across countries and over time. World Bank Economic Review, 24(1), 77–92.
- Calvo, G. A., & Reinhart, C. M. (2002). Fear of floating. Quarterly Journal of Economics, 117(2), 379–408.
- Friedman, M. (1988). Money and the stock market. Journal of Political Economy, 96(2), 221–245.
- International Monetary Fund. (2015). Dedollarization: Experiences and policy implications. IMF Staff Discussion Note.
- Knapp, G. F. (1924). The state theory of money. Macmillan.
- McLeay, M., Radia, A., & Thomas, R. (2014). Money creation in the modern economy. Bank of England Quarterly Bulletin, 54(1), 14–27.
- OECD. (2017). Business and consumer confidence indicators. OECD Publishing.
- Rodrik, D. (2008). The real exchange rate and economic growth. Brookings Papers on Economic Activity, 365–412.
- Wray, L. R. (2015). Modern money theory: A primer on macroeconomics for sovereign monetary systems. Palgrave Macmillan.


Le pouvoir du peuple

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RDC : La Banque Centrale du Congo injecte à nouveau 50 millions USD pour contenir les tensions sur le marché de change

La Banque Centrale du Congo (BCC) annonce une nouvelle vente de devises prévue pour ce lundi 12 janvier 2026, après avoir déjà procédé, le 8 janvier, à une injection de 50 millions de dollars américains dans les banques commerciales, au taux de 2 040 CDF pour un dollar. Cette opération vise à répondre aux besoins de liquidité en devises du système bancaire, particulièrement affecté après les fêtes de fin d’année.

Selon l'institution d’émission, un suivi du marché au 10 janvier a mis en évidence des tensions persistantes sur le marché parallèle. Celles-ci sont attribuées à des comportements spéculatifs alimentés par des anticipations négatives de certains opérateurs économiques.

La BCC tient néanmoins à rassurer quant à la solidité de ses réserves internationales, qui lui permettent de continuer à intervenir efficacement sur le marché des changes et de garantir une couverture suffisante des importations de biens et services.

Dans ce contexte, la Banque Centrale appelle les opérateurs économiques et le grand public à recourir prioritairement aux circuits bancaires formels, dans un climat de confiance et dans le strict respect de la réglementation en vigueur.


 

 

LK

RDC : La Banque Centrale du Congo injecte à nouveau 50 millions USD pour contenir les tensions sur le marché de change
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Politique monétaire : la BCC réduit son taux directeur à 15 % et renforce le soutien à la croissance économique

 

La Banque Centrale du Congo (BCC) poursuit résolument sa dynamique d’assouplissement monétaire. Réuni le jeudi 08 janvier 2026, à l’occasion de sa première session ordinaire de l’année, le Comité de Politique Monétaire (CPM) a décidé d’abaisser, pour la deuxième fois consécutive en l’espace de trois mois, son principal taux directeur. Cette décision stratégique traduit la consolidation des équilibres macroéconomiques et témoigne d’une confiance accrue dans la trajectoire actuelle de l’économie congolaise.

Après une réduction majeure intervenue en octobre 2025, faisant passer le taux directeur de 25 % à 17,5 %, la BCC franchit une nouvelle étape en le ramenant désormais à 15,0 %. Ce nouvel ajustement confirme une orientation monétaire cohérente, graduelle et clairement tournée vers le soutien durable de l’économie réelle.

1. Une décision fondée sur des indicateurs macroéconomiques rassurants

Les décisions prises par le Comité de Politique Monétaire reposent sur une analyse approfondie de la conjoncture nationale et des perspectives économiques à court et moyen termes. Les projections disponibles font état :

- d’une inflation contenue attendue pour l’année 2026 ;

- d’une stabilisation durable du taux de change, reflet d’un meilleur équilibre entre l’offre et la demande de devises ;

- du maintien d’une croissance économique soutenue, portée notamment par la reprise des investissements et la résilience de certains secteurs clés.

Dans ce contexte jugé favorable, la BCC a arrêté les mesures suivantes :

- la réduction du taux directeur de 17,5 % à 15,0 %, soit une baisse de 250 points de base ;

- l’abaissement du taux des facilités de prêt marginales, qui passe de 21,5 % à 19,0 % ;

- le maintien des coefficients de réserve obligatoire à leur niveau actuel, dans un souci de prudence et de stabilité financière.

Ces décisions illustrent la volonté de la Banque Centrale de créer un environnement monétaire plus accommodant, tout en préservant les acquis macroéconomiques obtenus au prix d’importants efforts de stabilisation.

Concrètement, cette orientation vise à rendre le coût de l’argent progressivement plus accessible, afin de faciliter le financement de l’économie nationale sans fragiliser le système financier.

2. Un signal fort en faveur de l’investissement et du crédit

Le taux directeur constitue l’instrument central de la politique monétaire. Il représente le coût auquel la Banque Centrale refinance les banques commerciales, lesquelles s’en servent comme référence pour déterminer les taux appliqués aux crédits accordés aux entreprises et aux particuliers.

En procédant à deux réductions successives du taux directeur sur une période relativement courte, la BCC adresse un message clair aux acteurs économiques :

- la maîtrise de l’inflation est effective ;

- la stabilité macroéconomique est consolidée ;

- les conditions sont réunies pour stimuler davantage la croissance par le canal du crédit.

Les retombées attendues de cette orientation sont multiples :

- les entreprises pourraient accéder à des financements à des conditions plus favorables, encourageant les investissements productifs et l’expansion des capacités de production ;

- les ménages devraient bénéficier d’un meilleur accès au crédit, notamment pour le logement, les activités génératrices de revenus ou la consommation.

À terme, cette dynamique est susceptible de renforcer la circulation de la liquidité dans l’économie, de soutenir la création d’emplois et d’accroître la contribution du secteur privé à la croissance nationale.

3. Le maintien des réserves obligatoires : une approche équilibrée

Les réserves obligatoires correspondent à la fraction des dépôts bancaires que les établissements de crédit doivent conserver auprès de la Banque Centrale. En choisissant de ne pas modifier ces coefficients, la BCC démontre sa volonté de procéder à un assouplissement mesuré, évitant toute création excessive de liquidités qui pourrait raviver des pressions inflationnistes.

Cette posture traduit une gestion prudente et responsable de la politique monétaire, conciliant le besoin de soutenir l’activité économique avec l’impératif de préserver la solidité du système bancaire et la stabilité financière. 

En définitive, à travers cette nouvelle baisse de son taux directeur, la Banque Centrale du Congo réaffirme son rôle central de gardienne de la stabilité macroéconomique et de levier de soutien à la croissance économique, en parfaite cohérence avec les orientations générales de la politique économique du Gouvernement.

Les analystes saluent la constance, la lisibilité et la crédibilité de l’action de la BCC, conduite conformément à la loi n°18/027 du 23 décembre 2018, notamment en son article 9, alinéa 2, qui consacre la mission de la Banque Centrale consistant à appuyer la politique économique nationale tout en veillant à la stabilité monétaire et financière.

 

Le pouvoir du peuple 

Politique monétaire : la BCC réduit son taux directeur à 15 % et renforce le soutien à la croissance économique
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Mines : levée partielle de la suspension des entités de traitement au Lualaba

Le ministère des Mines a annoncé, le 5 janvier 2026, une levée partielle et temporaire de la suspension des activités minières et de commercialisation des entités de traitement opérant dans la province du Lualaba.

Cette décision fait suite à une mission de contrôle menée par une commission ministérielle chargée d’évaluer la conformité des entités de la filière cuprifère. Les travaux, réalisés avec l’appui des autorités provinciales, des services techniques, des coopératives minières, des négociants et de la société civile, ont mis en évidence des violations du Code et du Règlement miniers par l’ensemble des entités contrôlées.

Dans l’attente des conclusions définitives, les entités concernées sont autorisées à recevoir des minerais issus des sites artisanaux légaux ou tolérés, sous l’encadrement strict des services provinciaux des Mines et du SAEMAPE.

Chaque entité recevra, dans un délai de 72 heures, une notification individuelle détaillant les manquements constatés, les mesures correctives exigées ainsi que les pénalités prévues par la loi.

Toutefois, l’entité Lualaba Resources ne bénéficie pas de cette levée partielle. En cause : l’absence de documents techniques et de traçabilité. Elle est sommée de se présenter devant la commission à Lubumbashi dans un délai de trois jours, sous peine de sanctions.

Le ministère des Mines souligne que cette mesure s’inscrit dans la lutte contre la fraude minière et vise à assurer une chaîne d’approvisionnement conforme aux normes nationales et aux principes de diligence raisonnable de l’OCDE. La levée définitive de la suspension restera conditionnée à la régularisation effective de chaque entité.

 

LK

Mines : levée partielle de la suspension des entités de traitement au Lualaba
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